Au début du XXe siècle, le Champagne
avait déjà la force d’un mythe. Les Champenois
décidèrent de le protéger en fixant une aire
strictement délimitée et des règles communes
de production, qui se traduisirent par la reconnaissance de l’Appellation
d’Origine Contrôlée Champagne.
Depuis, les Vignerons et Maisons de Champagne, unis dans le cadre
du Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne, ne cessent
de développer cet héritage et de faire partager au
plus grand nombre les valeurs de leur prestigieuse Appellation.
L’Appellation Champagne est ainsi une référence
pour tous les producteurs et consommateurs qui privilégient
l’authenticité, la qualité… et le rêve.
Les origines du mythe Champagne
A l’origine de l’Appellation Champagne, il y a le
mythe Champagne. Il résulte de la conjonction de trois atouts
bien réels.
Tout d’abord l’originalité de son terroir – climat
septentrional, sous-sol crayeux et relief de coteaux – qui
confère à ses vins une typicité exclusive.
Puis l’ingéniosité des cHampenois qui surent
choisir et maîtriser l’effervescence.
Enfin, le talent dont ils firent preuve pour développer
sa renommée mondiale et son statut élitiste.
Grands amateurs de vins, les Romains étaient experts dans
la culture de la vigne. Ils surent repérer les côtes
les plus propices à la vigne, choisir les sols bien drainés,
les terrains exposés au soleil, y adapter des cépages
résistants à la rigueur du climat.
Ainsi, à l’aube du XXe siècle, le mythe Champagne
est déjà extraordinairement puissant : sa notoriété est
mondiale et il est par excellence le vin de la célébration.
L’identité Champagne est constituée. Le nom
Champagne va bientôt fédérer tous les vins
de la province est fait déjà l’objet d’une
première reconnaissance par les tribunaux.
La consécration de l’Appellation Champagne
Au tournant du siècle, phylloxéra (insecte ravageur)
et première guerre mondiale détruisent la majeure
partie du vignoble et les Champenois vont replanter en prenant
conscience de l’existence d’un patrimoine collectif à protéger.
Le terroir va ainsi être délimité par une loi
et les usages codifiés. Puis la reconnaissance de l’Appellation
d’Origine Contrôlée Champagne vient consacrer
en 1936 un processus de plusieurs siècles.
•
Le nouveau départ du vignoble
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le vignoble était
très vaste et atteignait plus de 60 000 hectares. Le phylloxéra
efface tout ! Pour faire face au fléau, les Vignerons et
les Maisons importantes, qui possèdent elles aussi des vignes,
fondent en 1898 l’Association Viticole Champenoise (AVC).
Son but est de lutter contre le phylloxéra, d’aider à la
reconstitution du vignoble, de mener des études et expériences
et, enfin, de former les vignerons à toutes les nouvelles
pratiques.
L’AVC prenant rapidement conscience que la seule solution
réside dans l’arrachage des vignes malades et la replantation
des vignes greffées, les vignerons champenois en profitent
pour ouvrir la porte au progrès. La vigne en foule est remplacée
par de la vigne palissée, ce qui implique une densité différente – elle
passe de 40 000 pieds à environ 9 000 pieds à l’hectare – et
un nouveau mode de taille, l’adoption de nouvelles techniques
de palissages, rognage, etc.
Les Champenois ne replantent que sur les meilleurs terroirs. En
1919, le vignoble ne représente plus que 12 000 hectares.
•
La délimitation
Grâce aux premiers procès intentés par les
Maisons de Champagne, le nom Champagne ne pouvait s’appliquer
qu’aux vins récoltés et manipulés en
Champagne. Encore fallait-il savoir ce qu’il convenait d’entendre
par la Champagne et quelles en étaient les limites exactes.
D’autant qu’à l’époque, quelques
nouveaux élaborateurs peu scrupuleux importaient des vins
d’autres vignobles.
Pour mettre fin à ces pratiques frauduleuses, les vignerons,
structurés en Fédération de Syndicats depuis
1904, réclamèrent la délimitation de la Champagne
viticole.
La loi du 22 juillet 1927 fixa la délimitation de la Champagne
viticole. Le critère retenu pour le droit à l’Appellation
fut l’antériorité viticole des terrains.
L’antériorité consistait à être
planté en vignes à la date de publication de la loi
ou avant l’invasion phylloxérique. Pour délimiter,
il fut demandé à chaque commune qui le désirait
d’établir la liste des parcelles pouvant revendiquer
l’Appellation Champagne.
Une commission interdépartementale devait ensuite statuer
sur ces listes. Cette méthode eut le mérite de permettre
l’établissement d’une délimitation qui
fit consensus, même si des faiblesses se révélèrent
au cours des années qui suivirent.
•
Les règles de qualité
La première des règles de qualité fut fixée
dans la loi de 1927. Elle n’autorisait que les cépages
traditionnels de Champagne – à savoir le pinot noir,
le pinot meunier et le chardonnay – et deux anciens cépages,
l’arbanne et le petit meslier.
Mais le vrai combat pour l’exigence de qualité s’intensifia
des années 1931 à 1935, après les crises de
surproduction et de mévente, qui provoquèrent l’effondrement
du prix du raisin.
A leur demande, les Champenois obtinrent alors le décret
spécial le 30 septembre 1935, qui fixa des règles
de qualité complémentaire – rendement à la
vendange, degré alcoolique minimum, rendement au pressurage-
et créa la Commission de Châlons pour contrôler
leur application. D’autres vignobles vivant la même
crise, les Associations Viticoles de France demandèrent
au Gouvernement de les soutenir pour fixer les normes de certaines
Appellations, les propager, contrôler la production et sévir
contre las fraudes.
C’est ainsi que naquit, le 30 juillet 1935, la notion d’Appellation
d’Origine Contrôlée et le Comité National
d’Appellation d’Origine (devenu ensuite INAO).
Le 29 juin 1936, le Champagne devint Appellation d’Origine
Contrôlée et l’ensemble des règles que
s’était imposé les Champenois dans les lois
et décrets de 1919, 1927 et 1935 fut entériné.
Bien avant la création de l ‘AOC, les Champenois cherchèrent à codifier
et à protéger leur appellation (décision judiciaire
de 1887, loi de 1911, délimitation de 1927 et décret-loi
de 1935). Avec la constitution de l’AOC Champagne, un nouveau
pas est franchi. Désormais, le Champagne devient patrimoine
national et les Champenois vont être soutenu par l’INAO
pou faire respecter et défendre leur identité collective.
L’exigence des Champenois pour leur Appellation
La concertation entre Vignerons et Maisons, qui s’était
concrétisé au début du siècle, s’institutionnalise
dans les années 1940 avec la création du Comité Interprofessionnel
du Vin de Champagne. Les deux familles vont ainsi gérer
de concert l’Appellation Champagne, parfaire sa délimitation,
renforcer ses règles et la défendre contre toute
usurpation, avec le concours de l’INAO.
Depuis la création de l’AOC Champagne en 1935, les
Vignerons et Maisons de Champagne n’ont cessé de s’organiser
et d’anticiper dans le cadre de leur interprofession pour
gérer leur expansion en renforçant leur qualité et
leur renommée.
L’Appellation Champagne est ainsi de mieux en mieux protégée
contre les usurpations externes, du fait de son statut d’Appellation
notoire.
Les perspectives de la référence Champagne
L’Appellation Champagne doit rester un concept moderne si
elle veut se perpétuer.
C’est pourquoi les Champenois réfléchissent
et agissent en permanence pour que les promesses de terroir, de
qualité et de renommée restent vivantes dans un marché mondial
très compétitif, mais de plus en plus sensible à la
notion d’origine.
Toutes ces initiatives sont la traduction d’une double aspiration.
•
Désir des producteurs de produits de tradition d’ancrer
leurs savoir-faire
ancestraux dans leurs terroirs d’origine.
Et ainsi, de maintenir une activité qui respecte l’environnement
et permette aux populations d’y vivre de génération
en génération.
•
Besoin des consommateurs de conserver des repères authentiques,
de rechercher une qualité où la nature et l’homme
ont encore leur place, de privilégier les Appellations qui
les valorisent en les associant à une histoire vraie.
L’appellation Champagne a pour vocation de symboliser
ce véritable choix de société. Elle a un bel
avenir.
Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne - « L’Appellation
Champagne»
************************************************** Travail sur le Dégorgement et le Dosage
Pour éliminer le trouble généré par
les levures de la prise de mousse dans la bouteille, les champenois
procèdent au remuage. Ce geste ancestral consiste à faire
descendre progressivement le dépôt de levures dans
le col de la bouteille pour pouvoir l’expulser, après
congélation du col, lors du dégorgement.
Le dégorgement est un moment crucial dans la vie du vin,
après le temps de maturation sur lies où aucun événement
extérieur ne perturbait le vin.
Lorsque le bouchage est ôté, la pression éjecte
le dépôt. Pendant ces quelques secondes d’ouverture
où le vin se retrouve à pression atmosphérique,
l’oxygène pénètre dans la bouteille
et provoque un phénomène d’oxydation.
Le dosage est la dernière touche apporté au vin
avant le bouchage. Il consiste en une très légère
adjonction de "liqueur de dosage". Son but est d’arrondir
le vin, qui se trouve entièrement dépourvu de sucre
en fin de fermentation.
Les vins destinés à vieillir longtemps tels que
les millésimes de plus de 5 ans, sont très peu dosés,
car le vieillissement leur apporte l’arrondi nécessaire.
Le rôle du dosage dans l’évolution sensorielle
peut être faible ou important suivant le style de liqueur
utilisée (vin de la vendange ou de réserve, boisé ou
non, sucre de saccharose ou de canne …).
Notre liqueur de dosage composée de sucre de canne et de
vin de l’assemblage millésime de l’année
(cette année récolte 2003 avec 60 % de chardonnay
et 40 % de pinot noir), apporte au vin de la fraîcheur,
du fruit et de la légèreté.
Travaux d’Appréciation du dosage sur le champagne
BRUT MILLESIME 2000.
La présentation d’une nouvelle cuvée s’accompagne
d'une étude
sur le dosage final du vin. Ce printemps, nous avons choisi de
tester quatre dosages différents.
AVRIL 2004 : Préparation des dosages
- Vin n° 1 - Dosage à 6 grammes de sucre / litre
- Vin n° 2 - Dosage à 8 grammes de sucre / litre
- Vin n° 3 - Dosage à 10 grammes de sucre / litre
- Vin n° 4 - Dosage à 12 grammes de sucre / litre
JUILLET 2004 : Dégustation des différents champagnes.
Les commentaires se limitent à la seule influence du dosage,
sur les impressions gustatives.
- Vin n ° 1 - L’attaque en bouche est agressive, suivie
d’une abondante explosion de bulles. L’effervescence
est gênante et la sensation fermentaire est très prononcée
- Vin n° 2 - L’attaque est vive. Le vin paraît
un peu sec en bouche avec une finale plutôt acide.
- Vin n° 3 - L’attaque en bouche est franche. Le champagne
est équilibré. Le dosage ne masque pas les arômes.
La finale est nette et fraîche.
- Vin n° 4 - L’attaque est franche. Le dosage accentue
la sensation gazeuse créant un léger déséquilibre.
La finale laisse une bouche un peu sucrée et pâteuse.
EN CONCLUSION :
Cette dégustation prouve une nouvelle fois l’importance
du dosage sur l’expression des vins.
Le vin n° 3 est à ce stade de maturité du MILLESIME
2000 nettement plus favorable. Le dosage peut être encore
considéré comme gourmand. Lors de prochains dégorgements,
nous tiendrons compte de l’évolution aromatique du
vin, et par conséquent
nous réviserons son dosage.
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